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  • Avoir lieu / taking place
    les 4, 5 et 6 octobre 2018 à Sorbonne
    Guillaume FOURCADE, Juliana LOPOUKHINE, Benjamine TOUSSAINT et Kerry-Jane WALLART
    L'Équipe d’Accueil Voix Anglophones, Littérature, Esthétique (VALE - E. A. 4085, Sorbonne Université)
    Call for papers

    Texte de cadrage :
    Avoir lieu : comme pour l'événement, l'expression dit un enchevêtrement de temps et d'espace, et peut-être la difficulté qu'il y a à penser l'un sans l'autre. Pliées l'une sur l'autre, temporalité et spatialité rappellent le chronotope de Bakhtine et représentent des conventions très marquées dans l'histoire du roman, mais aussi du théâtre, de la poésie, de la nouvelle; elles constituent surtout les coordonnées de nos points de vue empiriques. Plus que l'événement, peut-être, ce qui a lieu fait irruption dans sa matérialité, et met en lumière la singularité de la perspective d'où ce surgissement - fait divers ou moment historique, qui ne sont que deux visages de l'accident - est vécu. Ce qui a lieu implique un spectateur, qui est peut-être un témoin, voire, un lecteur. Les embardées du réel que le sujet désigne impliquent aussi un écrivant ou un écrivain, une mise en récit. Ce qui a lieu, enfin, c'est aussi la langue anglaise elle-même, qui advient sous toutes les latitudes et longitudes, toujours un peu plus, forçant le lecteur à opter pour ou contre le post-structuralisme, en faveur d'une contextualisation, ou pas.

    En français comme en anglais, l'événement, qui est aussi celui de l'apparition de l'oeuvre, se dit par le biais d'une métaphore curieusement spatiale plutôt que temporelle - /to take place/, avoir lieu. On souhaiterait lire cette expression sur le mode de la catachrèse, en lui rendant ce qu'on n'y entend plus guère - son rapport à un lieu. Dans les deux cas, il semble que la possibilité de l'action humaine, et de l'autorité (/authority/ aussi bien que /authorship/) qu'elle pose, s'inscrive non seulement dans l'espace mais aussi dans l'appropriation (/take/, avoir) de celui-là. Il paraît d'autant plus approprié de penser cette assignation/inscription spatiale en ce début de XXIème siècle qu'on voit se dessiner, dans le champ théorique, à la fois des lignes de fuite diasporiques (/diaspora studies/, puisque Londres n'est plus tant la capitale culturelle et littéraire d\'un pays qu'une ville-monde au carrefour de toutes les cultures) et un retour à un décor qui ne serait plus paysage, mais territoire débarrassé de la présence intrusive de l'homme (/ecopoetics/ et /environmental studies/, dans le sillage d'une relecture, faite notamment par Buell, des Transcendantalistes américains). Avoir lieu, c'est aussi plus généralement le destin particulier de cette langue anglaise laquelle a, plus que toute autre, migré à travers le globe, par le jeu d'un projet impérial qui commence sous les yeux de Shakespeare et qui perdure dans ses effets en 2016, en passant par ces XVIIIème et XIXème siècles qui ont vu s'écrire foison de récits d'exploration et de description coloniales, en un mouvement centripète qui fonde et mine tout à la fois l'anglicité.
    Ce sujet permet peut-être par ailleurs de scruter les rapports entre les arts, déplacés par-delà leurs propres frontières, mais qui s'approprient également un nouvel espace de performance (notamment théâtrale et poétique, au sens strict) par ce biais de la transmédialité ; il pourra intéresser les chercheurs travaillant sur la temporalité et notamment sur les phénomènes de rythme, d'itération et de réitération, dans la mesure où la mémorialisation hante l'avoir-lieu, le reconduisant ou l'amenuisant (cf. Didi-Huberman et le non-lieu) ; il touche aux questions de genre, avec les espaces attribués à chaque sexe, et notamment au sexe féminin (le grenier, la cuisine, la maison - l'intime et le domestique), attribution qui va souvent de pair avec la confiscation de toute autorité ; il permet aux études américaines de repenser ce qui semble fondateur, et qui pourtant n'en finit pas de poser problème : le rapport au territoire "sauvage", qui n'est plus à cartographier au XXIème siècle et qui est aussi représenté comme - littéralement ou métaphoriquement - carcéral depuis le tout premier XIXème siècle. On pourra s'intéresser, dans le cadre des études du matérialisme culturel, à la façon dont, finalement, l'oeuvre n'a plus lieu, ou plus lieu de la même façon, depuis ce que Benjamin décrit comme l'ère de la reproductibilité de l'oeuvre d'art - à moins que ces interrogations ne replacent l'avoir lieu du côté de la réception, un autre chantier topique à l'heure d'une refonte fondamentale des circuits de transmission et de circulation des textes. On pourra aussi réfléchir à nouveau au rhizome de Deleuze, à la brisure de Derrida, à la modernité de Appadurai. Les concepts d'actualisation et de ritualisation mis sur le devant de la scène avec les performance studies pourront être mis à contribution, tout comme les genres utopique et dystopique, ou encore le phénomène des littératures régionalistes.

    Nous invitons des propositions sur les littératures et les arts britanniques, américains et "post-coloniaux" de la toute première Renaissance jusqu'à la période ultra-contemporaine.
    On pourra interpréter le sujet selon les pistes qui suivent, et qui ne sont pas exhaustives:
    - la fiction historique, ou les essais historiques
    - les récits de science fiction
    - la matérialité du texte, l'histoire du d'un livre, les écrivains-éditeur, la littérature numérique
    - la littérature engagée, ses conditions de possibilité et d'existence
    - le réalisme en littérature ou dans les arts visuels
    - la littérature régionaliste
    - les théories de la réception
    - le monde de la performance, des arts du spectacle
    - les rapports entretenus par la langue anglaise avec son déploiement dans le monde, dans
    les anciennes colonies et au-delà.

    Comité d’organisation :
    Guillaume FOURCADE, Juliana LOPOUKHINE, Benjamine TOUSSAINT, Kerry-Jane WALLART

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    Research group VALE (Voix Anglophones, Littérature, Esthétique, E. A. 4085, Sorbonne Université) is pleased to host a three-day international conference at Sorbonne Université on October 4-6, 2018 to conclude its two-year seminar on the theme “avoir lieu” / “taking place”. The call for papers is available below.

    400-word abstracts bearing on anglophone literature and arts of any period as well as brief bio-bibliographies will be sent to takingplaceconference@gmail.com by December 15, 2017.

    20-minute papers will be followed by ten minutes’ questions. Papers may be delivered in either English or French.

    Schedule:

    - December 15, 2017: deadline for abstract submissions
    - January 31, 2018: notification of accepted speakers
    - June 1 - September 20, 2018: conference registrations (registration fees: €25; €15 for post-graduate and doctoral students).

    Confirmed keynote speakers:

    - Pr. Elaine Freedgood (New York University)
    - Pr. Glenda Norquay (John Moores University, Liverpool)

    Call for papers:

    The phrases “take place” and “avoir lieu” intertwine time and space into such a tight knot that they can scarcely be thought of independently from one another. Folded up on each other, time and space are not only the cornerstones of Bakhtine’s concept of the chronotope; they are also two essential paradigms informing the history of fiction (novels and short stories alike) of drama, and of poetry. Above all, they frame any empirical experience. Perhaps more than a mere event, whatever takes place irrupts with all its material strength and brings to light a subjective perspective from which this irruption – whether a minor story or a historic moment – is perceived and experienced.
    What takes place involves a spectator, who might be a witness, or even a reader. Thereby a writing figure, a writer, is also implied, who commits the thing which takes place to words, and shapes its narrative. The English language “takes place” too. It occurs in all parts of the world and always with a little more variety; it compels its reader to take sides for or against post-structuralism, for or against contextualisation.
    The English “take place” and the French “avoir lieu” refer to what is happening – which might be a literary work – through a metaphor which, interestingly, emphasises space over time. Reading the phrases as catachreses may help us once again get hold of the sense of place they convey, which now mostly goes unheard. Both languages not only tie down any human action and authority – or authorship – to a given space, but they also imply the appropriation of the latter, whether as an act in progress or as a result (“take” / “avoir”). It seems relevant to question the conquest or possession of a given place in today’s world. Indeed, on the one hand, in the field of literary theory, a number of centrifugal perspectives are gaining ground (dispora studies, for instance, in a world where London is not so much the cultural and literary capital of a country any more as a global city at the crossroads of all cultures). On the other hand, centripetal trends are embodied by conceptions of space that no longer see it as a mere “landscape” but as a territory freed from human intrusion (“ecopoetics” and “environmental studies”, in the wake of Buell’s reappraisal of American transcendentalists).
    From a more general vantage point, “taking place” is what also characterises the English language, which, more than any other, has migrated across the world, first and foremost under the influence of a colonial enterprise born in Shakespeare’s time and whose effects are still felt today. The 18th and 19th centuries, in turn, churned out countless exploration narratives and descriptions of the colonies, which participated in a centripetal motion that made “Englishness” emerge and undermined it at the same time.
    The topic of this conference may additionally encourage discussions of the relations between the arts. Some arts may reach out to other art forms beyond their initial boundaries but also appropriate new performance spaces (whether they be theatrical or, strictly speaking, poetic) by becoming transmedial.
    The conference topic can also be of interest to scholars working on time, and particularly on such questions as rhythm, iteration and reiteration since memorialisation haunts anything that takes place, whether by repeating or reducing it (see Didi-Huberman on “not-taking-place”).
    “Taking place” is a notion that furthermore affects gender, as some spaces can be strictly gendered; for example, certain spaces have been stereotypically reserved for women (the house, the kitchen, the attic, and more generally intimate or domestic spaces), thus simultaneously depriving them of any authority beyond those premises.
    Scholars in American studies may feel interested in exploring anew the seemingly founding (and yet endlessly problematic) theme of the wild territory. Admittedly, it no longer needs mapping out in the 21st century, but since the early 19th century, it has been depicted as a prison, whether literally or metaphorically. Approaches in cultural materialism may focus on the way in which works have no longer taken place or have not taken place as they used to since the moment, as Walter Benjamin noted, when artworks became reproducible. Conversely, what takes place can be considered from the perspective of its reception, a question which is likely to become increasingly topical in an era when the circulation and transmission of texts are being radically revamped.
    Some further theoretical discussions may consider Deleuze’s rhizome, Derrida’s fragment, Appadurai’s modernity or Lyotard’s “il arrive”. The notions of actualisation and ritual that have played a central role in performance studies can be explored again in the light of the conference topic. The conference topic also lends itself to analyses of utopian, dystopian as well as of regional literatures.
    Finally, as it embodies the rise and actualisation of a chronotope, what ‘takes place’ jointly raises questions about the negative counterparts against which it is held, namely the non-place and / or the non-event. For all the twists and turns that they stage, are fiction and drama not also built around what does not or will never occur? As their discourses take the form of large-scale preteritions, isn’t what takes place in them of a strictly verbal nature? Except when poetry is explicitly narrative (such as in epic), does anything take place in it but the act of writing and the words on the page?

    We are inviting papers on British, American and post colonial literatures and arts, from the Early Modern period to the 21st century. Proposals may address but are not limited to the following:
    - historical fiction / historical essays
    - science fiction
    - textual materialism, book history, publishing writers, digital literature
    - committed literature, how it can arise and how it can endure
    - realism in literature and in the visual arts
    - regional literatures
    - reception theories
    - performances, performing arts
    - the English language and its developments world-wide, in former colonies and beyond.

    Organizing board:

    Guillaume FOURCADE, Juliana LOPOUKHINE, Benjamine TOUSSAINT, Kerry-Jane WALLART