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    ATELIER DE RECHERCHES EN POÉSIE
    Geneviève COHEN-CHEMINET, Juliette UTARD, Pascal AQUIEN
    AGENDA ARP
    "De la micro analyse historique en photographie :

    enjeux de l'avoir lieu de l’autoportrait photographique"

    le jeudi 1er juin

    à 17h30 dans la bibliothèque d’anglais en Sorbonne (esc. G, 2ème étage).
    Résumé
    , Marie Cordié Levy (Université de Paris Diderot) une séance conjointe Texte & image/ARP
    L’Atelier de Recherches en Poésie, inauguré en mars 2008, a pour vocation de réunir les poéticiens anglicistes de l'Université Paris IV et d'institutions associées (comme le CEP, Centre d'Etudes Poétiques de l'ENS Lyon), autour d'une réflexion sur la spécificité du fait poétique en langue anglaise. L’homophonie du sigle ARP fait entendre l'intérêt du groupe pour l'héritage anglophone d'une poésie comprise traditionnellement comme chant, depuis le rhapsode grec et le harpiste celte jusqu’au poète contemporain en performance.
    Nos rencontres ont deux formats: un Atelier de Traduction Poétique (périodique) et la Conférence plénière liée au Thème Commun VALE.
    Sommaire
    DESCRIPTIF
    TEXTES DE CADRAGE DU THÈME COMMUN
    TEXTES DE CADRAGE ANTÉRIEURS
    RENCONTRES ARP
    TEXTES DE CADRAGE DU THÈME COMMUN
    TEXTES DE CADRAGE ANTÉRIEURS
    TEXTE DE CADRAGE ARP
    LA VIOLENCE
    Nous proposons de nouvelles modalités de travail : une prise de parole ouverte à trois intervenants, plutôt qu’à une seule personne, et une lecture spécifique d’un texte en commun, conduite par un poéticien accompagné de deux discutants qui ouvrent notre réflexion à l’espace théorique.

    • Lire au pied de la lettre :

    Nous entendons travailler sur des poèmes préalablement communiqués aux membres de ARP (par mail et sur notre site VALE), et conduire une micro-lecture en commun.
Une analyse de poème(s) pourra ouvrir à une réflexion théorique qui intéressera tout chercheur travaillant sur le texte littéraire.
    Les deux discutants qui accompagneront cette micro-lecture seront dans le champ et hors du champ poétique, afin de jeter des ponts vers d’autres domaines de la création littéraire et artistique. Ils éclaireront, à partir de leur propre spécialité, la compréhension des poèmes choisis. Nous souhaitons donc ne pas nous limiter au contemporain mais ouvrir nos lectures poétiques à toutes les époques et aires culturelles sans limite nationale ni temporelle.

    • La violence : thème commun VALE

    Différents axes peuvent rendre compte de la violence dans l’œuvre et de la violence de l’œuvre poétique, selon une approche qui pourrait faire jouer les termes/concepts de violence poétique.
Ils sont listés par commodité et selon des associations libres :
    - violence du langage : « how all speakers are violently constrained in their use of language ». L’ouvrage de Jean-Jacques Lecercle (The Violence of Language 1990) avait ouvert la réflexion sur la contrainte langagière hétéronome, et sur le concept de reste. On peut l’associer aux poésies confrontées au choix d’une langue, au bilinguisme, au monolinguisme de l’autre, à la traduction.
    - violence et figuration/défiguration: l’abandon des formes canoniques de la représentation, l’expérimentation posent des questions de lisible/illisible, de des-structuration de la syntaxe, du rythme, de la cadence, du mot, de la ligne poétique, du son, du sens.
    - violence et guerre : écriture du désastre, l’inhumain, indicible, les enjeux du témoignage, et de l’archive, de l’irreprésentable.
    - violence et image : l’image intermédiale peut ouvrir aux œuvres textuelles-visuelles ; et au geste violent au cinéma, en photographie où la violence a un poids kinesthésique.
    - violence et art : l’art qui détruit l’art, la destruction du geste créateur, le geste machinal ; et du côté de la production de discours sur l’art, la violence critique.
    - violence et genre : de la poésie épique à l’agon du pamphlet, du manifeste et de la controverse, la violence contre les formes canoniques.
    - la violence sociale, économique, politique : le fait social, la situation, l’engagement, la révolution, la terreur, l’utopie.
    - la violence du corps/contre le corps : violence et violation, l’obscène, le pornographique, la douleur, le regard ; la voix, la mise en scène de la violence. 

    • Publication 
Nous souhaiterions inventer un objet éditorial qui prenne en compte la microlecture poétique et le commentaire du commentaire donnés par les deux discutants. Notre revue Sillagescritiques a pour vocation de publier les recherches de VALE/ARP, en soumettant les propositions à son comité de lecture. Nous proposerons la création d’une page qui inclut le discours critique et ses gloses ou marginalia, par exemple sous forme de paperolle numérique rédigée par les discutants.
    TEXTE DE CADRAGE ARP
    LE DISPOSITIF
    Geneviève Cohen-Cheminet
    ARP conduit une réflexion sur les modes de circulation des œuvres, dans divers dispositifs approchés sous l'angle d' « un dispositif des lettres » (notion empruntée à Judith Schlanger).La notion de dispositif, qui a remplacé celle de structure dans l'épistémé contemporain, est à elle seule un immense champ de recherches. Elle a été théorisée en France par M. Foucault, G. Deleuze et J-F. Lyotard, dans les années 70 et 80. Ils ont échappé à l'enfermement structural par le dispositif.
    La notion a été depuis reprise par les études intermédiales, en particulier au Canada (Centre de Recherche sur l'Intermédialité CRI de Montréal), aux États-Unis dans le cadre des théories de la communication Communication and Media Studies (multimedia, inter-relation des arts, multimodalité des expériences); et en France autour de Jacques Rancière, de Jean-Louis Déotte, de Philippe Ortel, de Stéphane Lojkine, de Bernard Vouilloux, en particulier.
    La puissance spéculative de la notion de dispositif vient de ce qu'elle n'est pas un modèle métaphorique, comme l'a été la métaphore de l'organisme ou le monde comme théâtre. Le dispositif permet de s'orienter, c'est-à-dire de nommer, d'articuler, de conceptualiser, de connecter des modalités de l'expérience, qui avaient été évacuées par le paradigme de la structure. Le dispositif est aujourd'hui une pensée neuve, qui est un contenu de savoirs discursifs novateurs, et aussi une activité discursive qui vise à la constitution d'un savoir renouvelé. Elle est donc appelée à s'user et à être dépassée. Mais pour l'instant, sa fécondité tient à sa capacité à générer des discours critiques et théoriques.
Le dispositif relève du régime de l'œuvre ouverte, discontinue et fragmentaire, et ne dépend pas d'une période particulière. Il peut être analysé en dehors de l'époque contemporaine. Il n'est limité ni à la poésie ni aux arts visuels. Mais sa perception en tant qu'objet d'étude spécifique est propre au contemporain et sa modélisation théorique vient des arts visuels.
    Notre travail sur le dispositif s’organisera selon deux approches complémentaires:

    Approche théorique :
    De grands théoriciens ont été convoqués pour rendre compte des spécificités de la notion. Les travaux de Giorgio Agamben (Qu'est-ce qu'un dispositif? Rivages Poche, 2006, trad. 2007) ; de Laurent Jenny (« Du vers au dispositif » dans La Parole singulière, Belin, 1990) et de Ludwig Wittgenstein ; de Philippe Lacoue-Labarthe et de R. Heidegger ont permis d’éclairer les références théoriques communes. Ils ont permis de distinguer trois questions poéticiennes :
    le dispositif du vers?

    la critique comme dispositif?

    Les dispositifs esthétiques contemporains ?

    Approche analytique :
    La confrontation aux objets esthétiques permet de mettre en tension la notion de dispositif. C’est à partir de ce que Jacques Rancière nomme « le tournant technique » de l'esthétique (Rancière 2008) que nous travaillons les objets produits par les artistes et esthéticiens. Ce sont bien sûr la photographie, et la cinématographie, qui changent les conditions de l'art. Après avoir été jugée mineure, la photographie devient une grille de lecture pour penser les autres arts (Rosalind Kraus 1990). Elle ne s'abolit pas en tant que pratique empirique, c'est sa pratique qui devient un modèle théorique pour penser les autres arts en incluant la question de la technique. Des conditions concrètes de sa mise en œuvre.
    TEXTE DE CADRAGE ARP
    Performance et indices d’oralité « Ecrire l’Oral » : quelques pistes de réflexion
    Pascal Aquien
    À l’origine, la poésie s’écoutait. Peu à peu, cependant, s’est imposée la lecture individuelle, par conséquent silencieuse. Pourtant, comme le souligne Paul Zumthor dans La Lettre et la voix (Seuil, 1987), s’est développée dès le treizième siècle ce qu’il appelle une « oralité seconde » se remanifestant dans l’écriture. Les textes écrits recèleraient selon lui des « indices d’oralité », qu’il faut comprendre comme des traces vocales.

    oral et écrit
    Le poème associe l’oral et l’écrit. Le vers est parfois borné par la majuscule initiale, par la rime et le retour à la ligne, ce qui, à la lecture, suscite une pause, plus ou moins perceptible, entre chaque vers. Il en va de même pour les blancs qui séparent les strophes. De leur côté, les rimes exploitent sémantiquement les échos sonores et les métaplasmes (terme générique pour toutes les altérations de mots par adjonction, suppression ou inversion de sons et de lettres) font travailler orthographe, son et sens.

    Ponctuation

    La ponctuation correspond aux découpages de l’oral et bien sûr aux pauses imposées par la respiration. Toutefois, elle peut inviter à lire les vers moins en fonction de la métrique qu’en fonction de la syntaxe. Dans la poésie moderne, la ponctuation est moins abondante que par le passé, si bien que le lecteur lit le texte et l’entend en même temps ; aussi sa participation à l’élaboration du sens est-elle réactivée.

    Rythme et prosodie

    Henri Meschonnic, dans Les États de la poétique (PUF, 1985), considère que l’oralité de la poésie construit un rythme, conçu par lui comme l’organisation du mouvement de la parole par un sujet, qui lui est propre. Cela se manifeste de deux manières, prosodique et typographique. Les marques prosodiques sont par exemple les répétitions de phonèmes, les marques typographiques l’alinéa, les espacements, les blancs, les expérimentations graphiques, le jeu sur les caractères gras et italiques, etc.

    Un exemple emprunté à la poésie victorienne, celui de Robert Browning. Son intérêt pour la voix et l’oralité est connu. Roland Barthes écrit dans Le Grain de la voix que « ce qui se perd dans la transcription, c’est tout simplement le corps » (p.11), or Browning s’emploie à retrouver le corps dans la voix en recréant pour chaque persona une voix propre. Il faut rappeler que d’autres Victoriens comme Tennyson, Elizabeth Barrett Browning, Thomas Hardy ou Hopkins se sont interrogés sur la difficulté à inscrire ou à transcrire l’oral dans l’écrit. Voir à ce sujet le livre d’Eric Griffiths, The Printed Voice of Victorian Poetry (1989) : dans sa réflexion sur la manière d’appréhender l’oralité, il met en avant l’importance du contexte d’énonciation et du rapport entre ponctuation et métrique.

    Enfin, comme Bakhtine, on peut prendre la manifestation de l’oralité non seulement dans son acception linguistique mais encore dans sa dimension idéologique et sociale. Pour quelle raison ? Parce que le langage est peuplé des voix des autres.

    Sons et bruits

    Certains poètes cherchent redonner à la voix sa puissance créatrice en faisant une large place à la phonétique dans leur pratique poétique. Par exemple, le mouvement Dada a tâché d’expérimenter une poésie fondée sur l‘expressivité des sons. On peut aussi se référer à la sound poetry qui fait fusionner éléments verbaux et sonores et dont on trouve des exemples chez Robert Southey. Plus récemment, certains poètes se sont employés à exploiter les ressources de la voix à l’aide d’appareils électroniques. D’autres enregistrent voix et bruits sur des magnétophones. Je renvoie aux expérimentations de Henri Chopin, Bernard Heidsick ou François Dufrêne en France, de Bob Cobbing en Angleterre, de Gerhardt Rühm en Autriche, etc.

    Poésie et silence

    « Faire du silence avec le langage » écrit Octavio Paz : « Le poème est langage et tension : à l’extrême de lui-même et tendu vers l’extrême. Extrême du mot et mots extrêmes, retours sur ses propres profondeurs, montrant le revers de la parole : le slence et la non-signification. » (L’Arc et la lyre)

    Il est possible de penser que la poésie est parole du silence. Pourquoi ? Parce qu’elle manifeste aussi l’impossibilité de dire quoi que ce soit, non pas pour avouer l’irrémédiable échec du langage, mais pour transformer cet échec en triomphe, voire en revanche. C’est ce qui apparaît dans la poésie caraïbe ou indienne de langue anglaise. Les poètes inventent des règles, réinvestissent les mots à eux imposés, l’activité poétique, la leur, donnant la parole à ceux qui en étaient privés. Ce n’est pas par hasard si la littérature des peuples jadis ou naguère colonisés privilégie la forme poétique.

    le cri

    Autre piste : à la suite des travaux de Kristeva sur le texte clos, on peut concevoir le texte poétique comme un « micro-univers sémantique fermé sur lui-même ». Cette clôture fait du texte un objet qui échappe au temps, qui est « achronique », comme elle l’écrit dans Du sens (p. 281) : la poésie comme « fusion intime » (Du sens, p. 278) de l’expression et du contenu, du plan sémantique et du plan phonémique. Fusion intime qui revient à une motivation interne du discours. Ce principe de motivation structurelle revient à oser un « racourcissement de la distance entre le sa et le sé » (p. 279), ce qui fait du langage poétique un moyen terme entre le langage ordinaire, unité à double articulation (morphème et phonème) où les deux plans du signe sont, selon la terminologie de Saussure, « arbitraires » (absence de lien naturel entre sa et sé), et le cri, unité à articulation simple (absence d’articulation en phonème), où le rapport est motivé. Placer le cri à l’aube du poème assimile la pratique poétique à une remontée vers l’origine du langage : « On dirait que le langage poétique, tout en restant langage, cherche à rejoindre le ‘cri originel’. […] Il en résulte un ‘effet de sens’ […] qui est celui d‘une vérité redécouverte, originelle ou originale, selon les cas. » (Du sens, p. 279). Elle écrit également dans ses Essais de sémiotique poétique (p.17) : « L’expression poétique se situe à mi-chemin entre les gargarismes qui, sortant de la gorge, s’organisent en sons du langage […]. Le discours poétique apparaît dans son plan d’expression comme un langage fait à la fois de bruits et de sons. » Voir par exemple les expérimentations de Ted Hugues dans Orghast en 1971 à Persépolis.

    Ce ne sont là que quelques pistes de réflexion, non exhaustives, peut-être utiles pour poursuivre notre réflexion et jeter des ponts entre les genres, poésie et théâtre, par exemple.

    RENCONTRES ARP
    Conférences, réunions, rencontres...
    2017-06-01

    Marie Cordié Levy (Université de Paris Diderot) une séance conjointe Texte & image/ARP
    "De la micro analyse historique en photographie : enjeux de l'avoir lieu de l’autoportrait photographique"
    2017-05-16
    Geneviève COHEN-CHEMINET
    "la poésie à l’épreuve de l’archive photographique: Charles Reznikoff lu avec Lewis Hine"
    2017-05-16

    Michel MURAT (Professeur de Littérature française et comparée à Paris Sorbonne)
    "Uncreative Writing, Close Reading? Réflexions à propos de Vanessa Place et de Kenneth Goldsmith"
    2017-05-16

    Jean Marie GLEIZE (poète et Professeur Émérite à l’ENS-LSH de Lyon)
    "légender? "
    2014-10-20
    Sarah MONTIN
    Romain NGUYEN VAN
    « “The pulse of the heart” : traduire “Still falls the rain” d'Edith Sitwell »
    2014-03-06

    Catherine Bernard, Professeur à l'université Paris VII - Denis Diderot.
    "Âmes sensibles s'abstenir: violence à / de l'art contemporain. À propos de Gillian Wearing, Damien Hirst, les frères Chapman & co."
    2013-12-02

    Eric ATHENOT
    Traduire Walt Whitman : Extrait de Leaves of Grass (édition de 1855).
    2013-11-05

    Conférence-concert de BEN SIDRAN, qui présentera son dernier ouvrage, There Was a Fire. Jews, Jazz and the American Dream.
    2013-11-04

    Isabelle Alfandary
    “Ecriture et accident chez E. E. Cummings”.
    2013-07-09
    Pascal AQUIEN
    "Oscar Wilde et la France : un Irlandais à Paris" (Université d'été)
    2013-03-28

    Michael EDWARDS
    "Violence et douceur de la poésie"
    2013-03-04

    DEON Marguerite
    ATELIER DE TRADUCTION POÉTIQUE Anne-Laure Tissut et Marguerite Deon traduisent des poèmes de Percival Everett (New York: Akashic Books, 2008).
    2013-01-10

    Chercheurs VALE
    Séminaire général de VALE
    2011-06-01
    Rencontre-lecture autour du poète Yusef Komunyakaa
    2011-04-27
    Geneviève COHEN-CHEMINET
    Le Livre d'Artiste (quelques réflexions)
    2011-02-16
    Geneviève COHEN-CHEMINET
    Anne LAFORET (Univ. Avignon)
    « La conservation des arts numériques »
    2008-01-24
    Geneviève COHEN-CHEMINET
    De l'écart à l'interface, Réflexions sur la traduction poétique bilingue
    SÉMINAIRES
    Trois interventions dans le cadre d’une réflexion sur le document et la poésie anglophone
    Le mardi 16 mai de 9h à 13h Maison de la recherche à Serpente salle D 040