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  • TEXTE ET IMAGE
    CENTRE DE RECHERCHES EN LITTERATURE AMERICAINE :TEXTE ET IMAGE
    Françoise SAMMARCELLI
    Le Centre de Recherches Texte et Image réunit des enseignants chercheurs et des doctorants en littérature américaine, mais accueille aussi ponctuellement des spécialistes des arts visuels et des artistes. Sa spécificité réside dans l’étude des modalités des rapports entre texte et image dans le domaine américain.
    La réflexion prend en compte le regain d’intérêt pour l’image dans les textes théoriques des années 1980-2000 et intègre l’apport de travaux récents analysant les modalités d’insertion de l’image dans le texte et du texte dans l’image. Elle s’adresse à tous ceux qui travaillent sur les questions de représentation, d’intertextualité et d’interface entre les systèmes sémiotiques.
    Sommaire
    DESCRIPTIF
    TEXTES DE CADRAGE
    RENCONTRES
    TEXTES DE CADRAGE
    TEXTE DE CADRAGE TEXTE ET IMAGE
    « Ecrire l’Oral »
    On fera d’abord état d’une difficulté face à ce sujet, requérant une certaine prudence de la part des chercheurs du centre Texte et Image.
    En effet écrire l’oral implique une dynamique de transcodage, voire de représentation, i.e. l’opération qui permet de passer de l’image acoustique ou vocale au signe graphique. Ce faisant on reste dans le domaine du langage verbal, en passant d’un mode de réalisation, ou d’un support, à un autre – d’autant que l’oral n’est pas synonyme de la voix (qui a été beaucoup étudiée par les équipes littéraires dans les vingt dernières années), ni du son. En termes d’intermédialité on conçoit bien tout ce que la question de l’écriture de l’oral a de riche pour les musicologues, les spécialistes de l’opéra, etc, outre son intérêt évident pour les spécialistes du théâtre. Par contre la question d’écrire l’oral devient plus floue si l’on se place du point de vue des rapports entre texte et image, car dans ces rapports l’image iconique n’est pas forcément prise comme un texte et son élaboration n’est pas une écriture – même si on parle parfois abusivement de “lire” une image. W.J.T. Mitchell nous met en garde dans Picture Theory en 1994 : “[…] spectatorship (the look, the gaze, the glance, the practices of observation, surveillance, and visual pleasure) may be as deep a problem as various forms of reading (decipherment, decoding, interpretation, etc.) and […] visual experience or ‘visual literacy’ might not be fully explicable on the model of textuality” (p. 16).
    Pour les chercheurs travaillant sur les rapports texte/image, et entre autres sur le donné à voir du texte littéraire et le donné à lire de l’image, se pencher sur l’écriture de l’oral revient donc à explorer une double distance, examiner la transposition d’une transposition. On peut donc se demander quelle réflexivité cette dynamique est susceptible d’engager.
    On pourra éventuellement tenter de réduire la question au problème de la représentation de l’oral, problème sur lequel on reviendra plus loin.
    On l’a dit, penser l’oral n’est pas synonyme de penser le son. Pour le plaisir il n’est néanmoins pas interdit de faire quelques références à certaines expériences passionnantes. On renverra notamment à divers essais très riches dans le catalogue de la belle exposition “Sons et lumières”, consacrée à la relation entre le son et les arts plastiques au 20ème siècle, organisée au Centre Pompidou en 2004-2005.
    Dans un article Pascal Rousseau fait retour sur une tradition d’intérêt pour la synesthésie et les débats sur la traductibilité (ou réversibilité?) des sons en couleurs, la “Colour music”. Il évoque notamment le “clavecin oculaire” de l’abbé Louis-Bertrand Castel (1725), puis, à la fin du 19ème siècle le “clavier de couleurs” de Louis Favre, c’est-à-dire les tentatives pour trouver des correspondances entre couleurs et sons. Le clavecin de Castel a un clavier à touches activant de fines lamelles de tissus imprégnées de différentes teintes qui, à l’appel d’une note, vont passer devant une flamme, laquelle, sur le principe de la lanterne magique, active une projection spectrale de lumière colorée. Dans le clavier de Favre chacune des touches est associée à une teinte pour produire un “nouvel art de la couleur mobile”: comme l’explique Pascal Rousseau, Favre établit “tout un système de gammes chromatiques, avec hauteur, intensité et timbre, commençant par le rouge (une couleur dont la fréquence correspond aux notes sonores basses) pour culminer au violet, avec tout un ensemble de variations rendues possibles par le jeu des saturations de couleurs (une note claire étant considérée comme plus haute qu’une note sombre)” (p. 33). Certains visent une langue universelle de la sensation. Rousseau signale que ces projections “informes” de couleurs pures précèdent d’une décennie l’apparition des premières toiles abstraites (en 1912). Soulignons que l’enjeu de ces expériences n’est pas figuratif; la peinture cherche des correspondances avec cet art abstrait par excellence qu’est la musique. La démarche relève donc plutôt d’un “donner à voir le son”, pas l’oral.
    Ensuite, si l’on tord un peu la question d’une écriture de l’oral, et si à “écrire” on substitue “représenter”, on peut aussi tenter diverses approches sur des matériaux contemporains:
    - on peut essayer de rattacher la question à la problématique de l’adaptation cinématographique ou télévisuelle: scènes de conversation dans les films, adaptation filmique des dialogues (cf Short Cuts de Robert Altman d’après un ensemble de nouvelles de Raymond Carver). L’écriture de l’oral aura alors à voir avec le travail du scénariste ou du dialoguiste, mais ne constituera qu’un aspect d’un plan ou d’une séquence. On notera en passant qu’étudier l’écriture de l’oral c’est inverser la question de la voix off qui oralise un texte en donnant à entendre ce qui était la voix d’un narrateur dans un roman (voir par exemple l’adaptation de The Age of Innocence d’Edith Wharton par Martin Scorcese).
    Sur les questions d’adaptation, voir notamment les livres de Robert Stam tels que: Literature through Film: Realism, Magic and the Art of Adaptation (Blackwell, 2005) ou de Thomas Leitch, Film Adaptation and its Discontents (Johns Hopkins, 2007).
    Dans “écrire l’oral”, l’oral “représenté” n’étant plus un support, mais étant éventuellement produit par un medium, reste-t-il encore du côté du signifiant ou passe-t-il du côté du signifié, du thème? On songe aux effets d’oralité, aux représentations de personnages en train de crier, parler, etc dans les arts visuels – or souvent dans ce cas ce n’est pas l’oral mais le corps que l’on montre. On pense aussi aux représentations de personnages en train d’écrire et de dire à haute voix au cinéma. Enfin on peut bien sûr s’intéresser aux installations d’artistes contemporains incluant des enregistrements de voix, des images, etc.
    Pour finir, évoquons un champ d’exploration possible ou un domaine d’intersection entre “écrire l’oral” et les préoccupations des chercheurs de Texte et Image: il s’agit de la bande dessinée et du “roman graphique”. Sur la BD, on se reportera notamment aux nombreux travaux de Jean-Paul Gabilliet (Professeur Univ. Bordeaux 3).
    On peut aussi examiner les emprunts à la BD dans la littérature américaine contemporaine (cf la section “the funnies” dans le roman The Tunnel de William Gass, paru en 1995).
    A la réflexivité évoquée plus haut s’associe alors une nécessaire interrogation sur la substance.
    RENCONTRES

    Jean-Marc Victor (Paris Sorbonne)
    "Lire, relire, lier, délier : face aux Pommes d’Or de Eudora Welty"
    le jeudi 8 décembre à 17h30 en salle F366 (en Sorbonne, esc. F, 2ème étage

    Anne ROYSTON (Univ. of Utah)
    "Texts of Skin: Mark C. Taylor's Hiding and Shelley Jackson's Skin"
    le mardi 4 octobre à 18h en salle F368 (en Sorbonne, esc. F, 2ème étage).

    Thierry Cormier (critique)
    "Des accrocs sur l'écran: Quelques fragments d’entailles cinématographiques"
    le vendredi 20 juin 2014 à 17h en Bibliothèque Louis Bonnerot (UFR d'Anglais de Paris IV-Sorbonne, Escalier G, 2ème étage, 1 rue Victor Cousin, 75005 Paris)

    Conférences de Cristina Giorcelli & Paula Rabinowitz
    Le 14 novembre 2013, 17h-19h en Bibliothèque Louis Bonnerot (UFR d'anglais, Paris Sorbonne, esc G, 2ème étage, 1 rue Victor Cousin)

    Effets de flou dans Scorch Atlas de Blake Butler
    Le 5 avril 2011, Maison de la Recherche de Paris IV-Sorbonne
    Monica MICHLIN
    « Quelques amorces de réflexion sur le flou cinématographique »
    Le 4 mars 2011, en Sorbonne
    Jean-Yves PELLEGRIN
    Monica MICHLIN (Université Paris-Sorbonne (Paris IV))
    « Quelques amorces de réflexion sur le flou cinématographique et textuel »
    Le 8 février 2011 en Sorbonne
    Jean-Marc VICTOR
    Quelques réflexions sur le flou en photographie
    Le 18 janvier 2011 Sorbonne

    Yves ABRIOUX (Paris VIII)
    "Un flou pictural. Référentialité et textualité dans un récit de John Berger"
    Le 11 décembre 2009 (UFR d'anglais de Paris IV, en Sorbonne)
    COLLOQUES
    Vladimir Nabokov et la France
    Le 30, 31 mai et 1er juin 2013
    Textes Vus, Images Lues / Visual Texts, Textual Pictures
    22-24 mars/March 2012 Maison de la Recherche de l’Université Paris Sorbonne
    « Exposition/Surexposition » (« Exposure/Overexposure »)
    5 et 6 décembre 2008 Maison de la Recherche de l’Université Paris Sorbonne
    « L’Obscur / Obscurity »
    7-8 décembre 2006 Université Paris IV
    JOURNÉES ÉTUDES
    Journée d’Etude : « Des accrocs sur la page: lire/voir la déchirure dans la BD et le roman graphique de langue anglaise »
    le Samedi 7 février 2015 Université Paris Sorbonne, Salle des Actes