Recherche :
ACCUEIL
  • PRÉSENTATION DE L’ÉQUIPE
  • Qui sommes-nous ?
  • Statuts et Bureau
  • Contact
  • Partenariats
  • Sillages critiques mondes Anglophones PUPS
  • ACTIVITÉS DE VALE
  • Rencontres
  • Soutenance thèses et HDR
  • Publications
  • AXES DE RECHERCHE
  • PROGRAMME ANR AGÔN
  • ARP
  • ARTE
  • COMUS
  • D2I
  • GENRE ET AUTORITÉ
  • GROUPE THEÄTRE
  • PACT
  • POLYRE
  • TEXTE ET IMAGE
  • TRANSCULTURALISMES
  • OVALE
  • FAIRE UNE THÈSE À VALE
  • Directeurs de Recherche
  • Thèses en cours à VALE
  • S'inscrire en Thèse
  • Séminaires Doctoraux, ED IV
  • OVALE Laboratoire des Doctorants
  • CHERCHEURS ET ASSOCIÉS
  • Chercheurs de VALE
  • Personnalités invitées
  • RESSOURCES ET ARCHIVES
  • À lire
  • À écouter
  • À voir
  • Archives des rencontres
  • LIENS UTILES
  • Réseau de recherches des Anglicistes
  • Revues en ligne
  • Bibliothèques
  • Ressources en littérature
  • TRANSCULTURALISMES
    Négociations Coloniales et Postcoloniales
    Kerry-Jane Wallart et Alexis Tadié
    Le programme « Transculturalismes » fédère les recherches portant sur les mondes coloniaux et postcoloniaux. Il s'intéresse aux échanges provoqués au sein du monde colonial, puis post-colonial, principalement anglophone, ainsi qu'aux résistances qui en sont nées. A la faveur d'un va-et-vient entre théorie et esthétique, cet axe scrute à la fois les discours coloniaux et les évolutions post-nationalistes des cultures issues des Indépendances. Il se donne pour objet les textes issus de la période coloniale ainsi que des diasporas, et interroge les effets de la mondialisation sur une communauté linguistique globale réunie par la grâce d'une langue presque en partage. Il s'agit de penser l'expérience de la domination impériale (politique mais aussi culturelle) et ses contre-coups, et de retracer les phénomènes d'interpénétration esthétique qu'elle a pu susciter. Les concepts d'hybridité, d'altérité, d'aliénation, de métissage, de diaspora, de transculturalisme, de littérature-monde, constituent une partie de la trame des travaux en cours et à venir.
    Historique
    Ce programme naît de travaux engagés depuis plusieurs années au sein de l’école doctorale IV de l’université de Paris-Sorbonne et de l’équipe VALE. Décision a été prise de les structurer de façon à leur conférer une plus grande visibilité, à rassembler les chercheurs autour d’une thématique importante dans la recherche internationale, et à former doctorants et jeunes chercheurs à des questions dont l’actualité scientifique est manifeste.
    Un séminaire, organisé conjointement par Isabelle Gadoin (Université de Poitiers) et Alexis Tadié (Université de Paris-Sorbonne), rassemble depuis 2008 chercheurs et doctorants travaillant sur les questions coloniales et postcoloniales. Intitulé « L’Orient à la croisée des savoirs », ce séminaire mensuel réfléchit à la formation des discours qui traversent les Empires (principalement britannique, mais une perspective comparatiste est également développée). On y examine la constitution et la circulation des représentations occidentales de l’Orient au travers des discours scientifique, politique, poétique, esthétique, etc. La lecture de textes théoriques est privilégiée. Ce séminaire constituera le cœur de l’axe « Transculturalismes ». Il a déjà connu plusieurs prolongements.
    Un programme porté par l’équipe VALE, le Centre de Recherche en Littérature Comparée de l’université de Paris-Sorbonne et le Centre International d’Etudes francophones en partenariat avec le Labex OBVIL, intitulé « La mondialisation à l’épreuve de l’archipel », a permis de fédérer des activités de recherche interdisciplinaires portant avant tout sur les Antilles (francophones, anglophones, hispanophones) : trois colloques et journées d’études ont été organisées dans ce cadre. Pour rendre compte de ces travaux, une édition numérique est parue en juin 2015 (http://www.crlc.paris-sorbonne.fr/FR/Page_revue_num.php?P1=6), et une seconde est en cours de préparation (à paraître en septembre 2017, Revue de Littérature Comparée).
    Un programme d’échange structuré en école internationale grâce à l’appui de Sorbonne-Universités et de l’Institut Universitaire de France a permis de mettre en place des échanges entre jeunes chercheurs de l’université de Paris-Sorbonne et de l’université de Jadavpur à Kolkata (Inde). Quatre journées d’étude ont été organisées dans ce cadre et ont permis à une quinzaine d’étudiants en thèse de participer à des voyages d’étude, de Kolkata vers Paris, et de Paris vers Kolkata.
    Une série d’invitations et de manifestations scientifiques, dont le programme se déroule depuis plusieurs années. Invitations d’écrivains (Anita Desai, Amit Chaudhuri, Amitav Ghosh fait docteur honoris causa de la Sorbonne), de critiques à l’occasion de la parution d’ouvrages importants dans le champ (Rosinka Chaudhuri, Benedicte Ledent), d’une professeure invitée (Supriya Chaudhuri, Jadavpur University, Kolkata). Plus récemment un colloque international consacré à Jamaica Kincaid (« L'art de la greffe dans l'oeuvre de Jamaica Kincaid ») se tient au printemps 2017 (19 et 20 mai) en partenariat avec l’université de Paris 8, un autre colloque sur la romancière et nouvelliste antillaise Jean Rhys (Lignes de transmission) se déroulera en juin 2018, tandis que Kerry-Jane Wallart co-organise à l’automne 2018 le colloque de l’équipe VALE consacré à l’avoir-lieu.
    Le programme fédère notamment les doctorants de l’université de Paris-Sorbonne travaillant sur des problématiques scientifiques proches de ces questions (2 soutenances de thèse et une soutenance d’HDR en 2016-7 sous la direction d’A. Tadié, six thèses en cours sur des sujets connexes). Il permet de croiser les réflexions sur les « aires culturelles » (sous-continent indien, Antilles, monde arabe) et les approches théoriques transversales autour de questions ayant trait au transculturalisme.
    PROGRAMME DU PROJET TRANSCULTURALISME
    Projet
    La théorie postcoloniale, foisonnante depuis le magistral coup d'envoi donné par le Martiniquais Frantz Fanon (Peau noire, masques blancs, 1952, et Les Damnés de la terre, 1961), puis par le Palestinien Edward Said en 1978, a essaimé dans toutes sortes de directions (études subalternes, diasporiques, transnationales ; tournant – turn – sociologique ou anthrophologique ; postblackness), sans jamais lâcher prise d'une contradiction fondamentale. Comment, en effet, concilier le particularisme de chaque aire géographique sans verser dans un relativisme empirique et descriptif, qui a pu constituer une image d'Epinal des travers de cette discipline, et du conformisme paradoxal qu'elle a parfois suscité ? Comment, à l'inverse, résister à un universalisme qui, non content d'avoir parfois justifié, sous l'autorité des Lumières, l'entreprise coloniale européenne et avancé, sous la plume d'un Kant par exemple, l'inégalité intrinsèque des races, tout en maintenant une exigence conceptuelle et une distance critique non réduites à l'aléatoire d'une position d'énonciation ? Cette dialectique du tout et de ses parties se voit reflétée dans les travaux présentés par The Postcolonial Unconscious de Neil Lazarus, étude qui se positionne entre les feux croisés d'un marxisme en butte aux discours exaltant la mondialisation, et d'un postcolonialisme qui comprend que toute posture nationaliste ne fait que rabâcher une certaine propagande coloniale. A l'orée des années 2010, ce texte et d'autres eurent vocation à dépasser les oppositions binaires, mais aussi à réintroduire une instabilité dans le discours, une incertitude dans les propositions, afin d'empêcher la théorie postcoloniale de s'ériger en discours dominant.
    Il s'agira pour nous d'enregistrer les évolutions les plus récentes de la littérature en langue anglaise, et de comprendre ce qu'impliquent les multiples appartenances, les constellations multiculturelles, visibles entre autres dans les œuvres de Zadie Smith, de Kamila Shamsie, de Michael Ondaatje, de Kazuo Ishiguro, de Caryl Phillips, de Chimamanda Ngozi Adichie, d’Amitav Ghosh. Cette évolution permet d'ailleurs rétrospectivement de retracer une généalogie jusqu'à la période coloniale, et de relire Conrad, Kipling, Mansfield, ou encore Jean Rhys (qui fera l’objet d’un colloque en juin 2018 organisé par ce programme) qui avaient été appropriés par le canon, et dont les trajectoires en zig-zag avaient été seulement mentionnées en passant, comme autant de curiosités biographiques ne portant guère à conséquence. Ces flux centripètes, ces voix discordantes, étaient là bien avant que la mondialisation ne fasse éclater les espaces à l'intérieur de la langue anglaise. Du reste, si les études transculturelles doivent leur essor à quelques universitaires européens, notamment allemands, il y a une dizaine d'années, il est admis que leurs travaux reprennent ceux, datant de la fin du premier XXe siècle, du critique cubain Fernando Ortiz sur la « transculturation » des Indes Occidentales.
    Il nous a semblé utile et important, d'un point de vue scientifique, mais aussi parce que nos sociétés actuelles pensent ces questions dans l'urgence et dans une vive inquiétude provoquée par les tensions liées au multiculturalisme, de poser les termes de cette circulation. Si le transculturalisme a pu être assimilé aux formes artistiques produites par une diaspora cosmopolite, exemplifiée par un Salman Rushdie, diaspora compromise avec la mondialisation et les inégalités qu'elle ne cesse d'aggraver, il n'épargne plus aucun territoire en ce début de XXIe siècle. Evolution récente de la théorie postcoloniale, le transculturalisme prend acte des travaux d'un Edward Said, d’un Homi Bhabha, d'une Gayatri Spivak, et dans le sillage conjoint de ces trois penseurs, d'une Judith Butler, pour réfléchir à ce que l'identité a, non pas/plus de fluide ou d'hybride, mais de contradictoire. De violente, aussi – la violence de la reconnaissance existentialiste nécessairement induite par la notion d'appartenance.
    Il s'agira de penser ce passage (trans) comme une forme de transgression, de part et d'autre d'une norme vécue comme obsolète ; transgression visant non pas l'identique, mais l'identité provisoire. A cet égard, il nous a paru essentiel que le groupe que nous constituons regroupât des spécialistes d'horizons à la fois géographiques (Moyen-Orient, Inde, Caraïbe, Irlande, Afrique Australe) et historiques (XVIIe – XXIe siècles) très divers. La richesse des échanges que nous avons eus au cours des huit années écoulées depuis que le séminaire se tient nous a permis de mettre en évidence des liens sous-jacents, des rapports qui ne sont pas tous de force.
    Le concept de transculturalisme, et le champ qui rayonne à son entour, a pour visée la dialectique du contact (pour reprendre un terme avancé avec bonheur par Mary Louise Pratt, laquelle a également théorisé les « négociations » de notre sous-titre), du passage, de la métamorphose, de la performance. Privilège est accordé non pas à l'essence, mais au procès ; non plus seulement à l'existence, comme Said l'avait appelé de ses vœux, mais à l'expérience. En ce sens, la littérature, conçue non pas comme objet mais en tant que pratique à la fois pour l'écrivain et le lecteur, se pose comme domaine d'étude inévitable. La possibilité permanente du déplacement du point de vue du lecteur est au cœur de la question, et ramène à la théorie de la réception qui, nous semble-t-il, reste insuffisamment explorée par les études postcoloniales.
    D'autres lignes de fuite se sont dégagées de nos travaux préparatoires, au premier rang desquels l'éco-critique, qui pense l'homme dans son environnement, par-delà les institutions et l'Histoire. Saisie au vol dès ses premiers pas par la théorie postcoloniale, l'écocritique renoue avec des conceptions non-européennes, avec des mythologies et des représentations collectives qui étouffaient encore sous le poids du rationalisme occidental. Un certain usage des rapports entre tradition et modernité nous amènera par ailleurs à nous interroger sur la question du genre (gender). De fait, une critique récemment portée contre la théorie postcoloniale dénonce un refoulé sexuel, au profit de questions raciales, politiques et sociales ayant tendu à reconduire les inégalités dont la femme est victime, y compris dans les représentations qu'on en fait d'elle. Le transculturalisme permet une sortie de piste, en ce qu'il transcende ce que le terme de « culture » peut véhiculer de plus stable.
    Enfin, la visée de nos travaux inclura une dimension sceptique soucieuse de peser l'impertinence de ce concept. Conscients que se heurter à des apories intellectuelles est au moins aussi formateur que de tracer des sentiers, nous souhaitons nous demander en quoi le transculturalisme participe aussi de ce qui fait les limites d'une pensée cosmopolite de la littérature : connexions à toute force, mélange des genres, comparatisme forcené, même dans le conflit. On aura beau jeu de critiquer le transculturalisme au nom de ses propres principes ; il n'en reste pas moins que l'Autre du transculturalisme a tous les airs de l'exclusion – raciale, sexuelle, sociale – et qu'à ce titre, la penser s'impose. La source commune à ces deux termes, transculturalisme et exclusion, est l'idée de communauté, sinon de société ; Homi Bhabha comprenait déjà cela, qui voyait la façon dont les réalités locales et transnationales « représentent une révision radicale du concept même de communauté humaine ».1 Il s'agira pour nous, sans rien lâcher de la posture post-structuraliste prenant acte de la singularité de tout point de vue, de repenser l'œuvre d'art comme fabrique du groupe humain. En dépend l'herméneutique tout entière des années à venir, à commencer par celle qui se joue dans nos cours ("the future of world literature is [...] the idea of a change in the way that literature will be taught and criticized").2

    Bibliographie succinte
    Ascari, Maurizio. Literature of the Global Age: A Critical Study of Transcultural Narratives. Jefferson: McFarland, 2011.
    Ashcroft, Bill, Ranjini Mendis, Julie McGonegal, and Arun Mukherjee. "Transnation." In Rerouting the Postcolonial: New Directions for the New Millennium. Ed. Janet Wilson, Cristina Sandru, and Sarah Lawson Welsh. London: Routledge, 2010. 72-84.
    Baranay, Inez. "Multiculturalism, Globalisation and Worldliness: Origin and Destination of the Text." Journal of the Association for the Study of Australian Literature 3 (2004): 117-32.
    Dagnino, Arianna. Transcultural Writers and Novels in the Age of Global Mobility. West Lafayette: Purdue UP, 2015.
    Damrosch, David. What Is World Literature? Princeton: Princeton UP, 2003.
    Ette, Ottmar. Literature on the Move. Trans. Katharina Vester. Amsterdam: Rodopi, 2003.
    Ganguly, Debjani. "Global Literary Refractions: Reading Pascale Casanova's The World Republic of Letters in the Post-Cold War Era." In Literature for Our Times: Postcolonial Studies in the Twenty-first Century. Ed. Bill Ashcroft, Ranjini Mendis, Julie McGonegal, and Arun Mukherjee. Amsterdam: Rodopi, 2012. 15-35.
    Gunew, Sneja. Framing Marginality: Multicultural Literary Studies. Carlton: Melbourne UP, 1994.
    —. Haunted Nations: The Colonial Dimensions of Multiculturalisms. London: Routledge, 2004.
    —. and Kateryna O. Longley. Striking Chords: Multicultural Literary Interpretations. North Sydney: Allen & Unwin, 1992.
    Huggan, Graham. The Postcolonial Exotic: Marketing the Margins. London: Routledge, 2001.
    Jurgensen, Manfred. "Transformative Identities of Literary Multiculturalism." Southerly 59.3-4 (1999): 267-76.
    Lange, Bernd Peter, and Dirk Wiemann. "Transcultural Britain: An Introduction." Journal for the Study of British Cultures 15.1 (2008): 3-10.
    Lindberg-Wada, Gunilla, ed. Studying Transcultural Literary History. Berlin: Walter de Gruyter, 2006.
    McLeod, John. "Sounding Silence: Transculturation and Its Thresholds." Transnational Literature 4.1 (2011):

    (last consulted 23rd Feb. 2017).
    Ong, Aihwa. Flexible Citizenship: The Cultural Logics of Transnationality. Durham: Duke UP, 1999.
    Ortiz, Fernando. Cuban Counterpoint: Tobacco and Sugar. Trans. Harriet de Oni?s. New York: Alfred A. Knopf, 1947.
    Said, Edward. Culture and Imperialism. London: Chatoo & Windus, 1994.
    Schulze-Engler, Frank. "Theoretical Perspectives: From Postcolonialism to Transcultural World Literature." In English Literatures across the Globe: A Companion. Ed. Lars Eckstein. Paderborn: Wilhelm Fink, 2007. 20-32.
    ----, and Sissy Helff. Transcultural English Studies. Theories, Fictions, Realities. Amsterdam: Rodopi, 2009. ix-xvi.
    Spivak, Gayatri Chakravorty. Death of a Discipline. New York: Columbia UP, 2003.
    Thomsen, Mads Rosendahl. Mapping World Literature: International Canonization and Transnational Literatures. London: Continuum, 2008.
    Welsch, Wolfgang. "Transculturality: The Puzzling Form of Cultures Today." In Spaces of Culture: City-Nation-World. Ed. Mike Featherstone and Scott Lash. London: Sage, 1999. 194-213.