GROUPE THEÂTRE
(Dir. Elisabeth Angel-Perez et Alexandra Poulain, Lille 3)
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Le « groupe théâtre » réunit des spécialistes de théâtre de langue anglaise, toutes périodes confondues. S’y retrouvent donc des chercheurs qui examinent le fait théâtral à divers moments de l’histoire et dans différentes aires géographiques : ainsi, le groupe compte des représentants du théâtre anglais (de tous les siècles), du théâtre irlandais (XIX-XXIe siècles), des théâtre caribéen, américain (XIX-XXIe siècles), africain, ou encore australien. |
Les rencontres, mensuelles, permettent de mettre en regard un texte de théâtre et un texte théorique pour explorer le genre théâtral dans toute sa complexité, dans toute sa diversité et dans la spécificité qui est celle du théâtre de langue anglaise. Ces rencontres, où interviennent des chercheurs confirmés ainsi que des doctorants, fonctionnent comme un véritable laboratoire de recherche ; elles sont un lieu où l’on peut tester des hypothèses de travail, et constituent par ailleurs un centre de formation précieux pour les jeunes chercheurs. Le Groupe Théâtre organise également des colloques, des journées d’études et des rencontres. A la suite des colloques sur La Faim/Hunger on the stage sur la scène ou encore Les choses/Things, le Groupe Théâtre organisera en juin 2011 un colloque international sur La Voix/Changing voices, en partenariat avec le centre de recherche CECILLE de Lille III. En outre, le Groupe Théâtre propose depuis la rentrée de septembre 2010 un atelier théâtre bilingue, animé par Julie Vatain.
Enfin, le Groupe Théâtre articule également sa réflexion à l’actualité théâtrale, ce qui lui permet de construire ses séances et journées d’études en partenariat avec le monde du théâtre et de bénéficier du regard des auteurs et metteurs en scène pour alimenter sa recherche. Ainsi, récemment, le Groupe Théâtre a pu faire intervenir Edward Bond, Howard Barker ou encore Martin Crimp mais aussi les metteurs en scène Christian Benedetti, Jean-Paul Wenzel, Sophie Davier ou Olivier Py.
Le Groupe Théâtre de VALE fait partie de l’axe Spectacle vivant de l’UMS de Paris-Sorbonne (PRITEPS) qui regroupe les spécialistes du théâtre de toutes les langues (dir. Denis Guénoun).
PUBLICATIONS COLLECTIVES DU CENTRE
Angel-Perez, Elisabeth et Alexandra Poulain, eds. Hunger on the Stage. Newcastle: Cambridge Scholars Publishing, 2008.
__. eds. Things in Contemporary English and Irish Theatre. Montpellier : EBC, 2008.
LA VOIX ET SES METAMORPHOSES SUR LA SCENE ANGLOPHONE
CHANGING VOICES ON THE ENGLISH SPEAKING STAGE
16 -17-18 juin 2011
Paris-Sorbonne – INHA
2, rue Vivienne, 75002 Paris.
Organisateurs : Elisabeth Angel-Perez, Pierre Iselin, Marie Pecorari (VALE EA4085, Université Paris-Sorbonne)
Co-partenaires : Alexandra Poulain (équipe d’accueil Cecille, Université Lille 3) et Christian Biet (Recherches théâtrales et cinématographiques - EA 3458, Paris-Ouest)
LA VOIX ET SES METAMORPHOSES SUR LA SCENE ANGLOPHONE
Le colloque « Métamorphoses de la Voix sur la scène » envisagera les problématiques liées à l’exercice théâtral dans sa dimension phénoménologique, acoustique, structurelle, voire politique .
Au théâtre, art ventriloque s’il en est, la voix pose la question double de l’incarnation et de la « décarnation », de l’identité et de l’altérité. Tout changement de registre vocal, d’intonation, aussi infime soit-il, recompose la scène dans son ensemble. « Signature intime du comédien », « peau du langage », pour reprendre les mots bien connus de Roland Barthes, la voix porte le texte dans un ailleurs de la littérature : la scène. ?Vivifié par le surcroît de plasticité que lui confère la mise en voix, le texte se laisse entraîner dans une relation de soumission, pris dans les rets d’une interprétation qui le limite, l’éclaire ou l’obscurcit. Qu’il y ait discorde ou accord, l’accès à la scène relève de la nécessité générique, libérant un discours dont la mutilation vocale et le potentiel dépassement, sont programmés dans l’écriture.
La voix au théâtre, donc, remembre la trace, redonne corps, sinon chair, au signal, au spectral. Elle est toujours miracle d’incarnation (par nature, le théâtre fait entendre la voix des morts sur le mode de la prosopopée) et triomphe de la décarnation : à la fois victorieuse et vaincue, elle présente et absente l’énonciateur dans un même mouvement contradictoire. Ses mutations sont donc soumises à la double règle de la fiction dramatique et des contraintes du genre.
Le théâtre est le lieu où le corps vu porte la voix de l’autre. Si la schize liminale au théâtre (« dire “je”») permet de se débarrasser de l’identitaire, elle ouvre sur une polyphonie, un jeu de voix, qui seuls permettent de faire advenir le sujet. Ce sont précisément ces inflexions, métamorphoses et mues, ces voix « qui jouent à être autres » qui seront l’objet de nos travaux.
La voix ne trouve sa liberté qu’au prix d’une construction : puisque les voix faibles ou peu entraînées peinent à se faire entendre sur scène, il leur faut apprendre à muer. Lors d’un processus qui allie rigueur de lecture et contrainte du corps, le travail tente un compromis entre effets recherchés et possibilités techniques. Ce geste de construction est redoublé lorsqu’on entreprend de rendre familière une voix étrangère, si l’on envisage, comme le faisait Antoine Vitez, le metteur en scène comme un traducteur.
Mise à distance dans la pratique théâtrale, la voix sur la première scène professionnelle est structurellement voix de l’autre (en l’absence de comédiennes dans le théâtre élisabéthain), induisant jeux de rôle sexués, déguisement, usurpation, travestissement. Ces mutations travaillent le corps même de l’acteur, puisqu’elles donnent à voir autant qu’à entendre la mue, le silence, le cri, le passage de la parole au chant. L’opéra naissant, sur une autre scène, donne à repenser les frontières du dramatique, du poétique et du musical.
Plus que tout autre, le théâtre contemporain fait jouer la voix au-delà de la parole : franchissant les frontières de la langue, les voix « déprises » du sujet postmoderne, post-national, se donnent en spectacle et permettent seules de dire l’intime. Leurs modalités sont plurielles et ce colloque aura pour vocation de les interroger : de la voix parlée à la voix chantée, du cri à la litanie, du murmure à l’aria, la voix semble être ce qui demeure quand tout le reste a disparu.
CHANGING VOICES ON THE ENGLISH SPEAKING STAGE
Our conference, “Changing Voices on the English-speaking stage,” will explore some problematics in relation with theatrical practice in its phenomenological, acoustic, structural, even political dimension.
In the theatre, a ventriloquistic art if there is one, the voice raises the twofold question of incarnation and “decarnation,” of identity and alterity. Any change, however slight, in vocal register or intonation recomposes the stage in its entirety. As the “intimate signature of the performer,” the “skin of language,” to take up the well-known words of Roland Barthes, the voice carries the text over to an outside of literature: the stage. Vivified by the added plasticity conferred by its vocalisation, the text becomes trapped in a submissive relationship, caught in the meshes of an interpretation which limits, clarifies or obscures it. Whether it brings discord or accord, the transfer to the stage amounts to a generic necessity, thus liberating a discourse whose vocal mutilation—and how to potentially supersede it —are programmed from the writing process onwards.
The voice in the theatre thus remembers the trace, hands over its body, if not its flesh, back to the signal and the spectral. It is always a miraculous incarnation (by nature, theatre has us listen to the voices of the dead in the mode of prosopopoeia) and a triumphant decarnation: both victorious and vanquished, it presents and absents the speaker in the same contradictory movement. Its mutations are therefore subjected to the double rule of dramatic fiction and of the constraints of the genre.
Theatre is the space where the body is seen carrying another’s voice. If the liminal dissociation (“saying ‘I’”) allows us to circumvent identity issues, it gives way to polyphony, an interplay of voices, as only they can bring forth the subject. These inflections, metamorphoses and mutations will precisely be our main focus.
The voice’s freedom hinges on the presence of a construction: as feeble, untrained voices strain to be heard onstage, they need to learn how to change. During a process combining challenging readings and the body’s constraints, the work attempts a compromise between the intended effects and technical possibilities. This construction process is redoubled whenever a foreign voice is sought to be rendered familiar, if, as Antoine Vitez ventured, the stage director is to be viewed as a translator.
Kept at bay in theatrical practice, the voice on the earliest professional stage was structurally the other’s voice (in the absence of female performers), producing gendered role play, disguise, usurpation, cross-dressing. These mutations exerted the very body of the actor, as change, silence, cry, shift from the speaking to the singing voice were made to be seen as well as heard. On another stage, the nascent opera begs us to reconsider the boundaries between the dramatic, the poetic and the musical dimensions.
More than any other art before, contemporary theatre made the voice resonate beyond speech: crossing the limits of language, the “unfettered” voices of the postmodern, postnational subject are turned into a spectacle, as the only possible way to voice intimate life. Their modalities are plural, and this conference will aim at probing them: from the spoken voice to the singing voice, from a cry to a litany, from a whisper to an aria, the voice seems to be what remains when all else is gone.
20-22 mai 2011 : Colloque de la SAES, Paris III, Paris VII
Atelier « Scènes anglophones : histoire et théorie. »
LE THEATRE ET SON AUTRE
Ce nouvel atelier, qui permettra aux spécialistes du spectacle vivant de travailler les spécificités des arts de la scène et du théâtre en particulier dans la diachronie, se concentrera, pour sa première édition, sur LE THEATRE ET SON AUTRE.
Il s’agira de s’interroger sur les limites du théâtre, les confins du genre : pourront ainsi être abordées les questions de frontières génériques (théâtre des poètes, textes pour la scène qui échappent à la forme de la pièce de théâtre, « masques », pantomime, mais aussi théâtre post-dramatique, « physical théâtre », « performance », etc.), d’intermédialité et d’intersémioticité (inserts de différents arts ou media — musique, danse, vidéo, projections — dans le théâtre). Il pourra également être question de l’autre dans le théâtre, c’est-à-dire de l’importation d’autres domaines (sciences, philosophie, psychanalyse, etc.) au cœur du théâtre, de la mise en abyme du théâtre lui-même (théâtre dans le théâtre, dédoublement), ou au contraire, à rebours de ce premier axe, du théâtre et la théâtralité sollicités dans les autres arts de la scène — l’opéra, l’opérette, le musical, la danse — voire, dans les autres genres littéraires. Les reconfigurations du théâtre par un autre théâtre pourront aussi être analysées : que devient Shakespeare lorsque Ariane Mnouchkine, Matthias Langhoff ou Deborah Warner s’en emparent ? Que deviennent les marionnettes Bunraku dans les spectacles de Theatre de Complicite ? C’est donc globalement autour de trois axes — hybridité générique et genres mitoyens, théâtre dans le théâtre, reconfigurations textuelles ou scéniques — que se structurera cet atelier.
Sont les bienvenues, les recherches portant sur toutes les époques et sur toutes les aires géographiques. L’atelier accueillera à la fois les travaux de chercheurs confirmés et les travaux de doctorants.
Les propositions sont à envoyer avant le 10 décembre à E. Angel-Perez, F. March et A. Poulain.
Elisabeth Angel-Perez (eangelperez@wanadoo.fr)
Liliane Campos (lilianecampos1@googlemail.com)
ARCHIVES DU CALENDRIER DES RENCONTRES
Voir dans ARCHIVES la page Groupe Théâtre, qui se trouve sur le site Texte et Critique du Texte. Il contient un historique des rencontres récentes.




