TEXTE ET IMAGE

Centre de Recherche en Littérature Américaine

(dir. Françoise Sammarcelli)

Le Centre de Recherches Texte et Image réunit des enseignants chercheurs et des doctorants en littérature américaine, mais accueille aussi ponctuellement des spécialistes des arts visuels et des artistes. Sa spécificité réside dans l’étude des modalités des rapports entre texte et image dans le domaine américain.

La réflexion prend en compte le regain d’intérêt pour l’image dans les textes théoriques des années 1980-2000 et intègre l’apport de travaux récents analysant les modalités d’insertion de l’image dans le texte et du texte dans l’image. Elle s’adresse à tous ceux qui travaillent sur les questions de représentation, d’intertextualité et d’interface entre les systèmes sémiotiques.

L’approche vise à concilier l’étude critique et l’investigation théorique (au carrefour de la narratologie, la philosophie, la phénoménologie, la sémiotique, etc). Une partie des activités consiste à mettre les approches théoriques à l'épreuve de textes et d'œuvres singulières appartenant à la culture américaine des XIXème - XXIème siècles.

Les séances mensuelles et les colloques visent à rassembler des spécialistes de divers champs des études littéraires et esthétiques : littérature, cinéma, photographie, peinture…

Le corpus étudié est américain, sans limite chronologique. Cependant, dans une perspective d’ouverture comparatiste, les colloques ont accueilli quelques interventions portant sur des auteurs britanniques (Lilane Louvel sur Virginia Woolf et l’abstraction, Max Milner sur Edward Young et William Blake au colloque sur l’obscur, etc).

 

PRINCIPAUX AXES

L’espace et le descriptif 

cet axe a permis une collaboration avec l’UFR d’études slaves (ED 4, Université Paris Sorbonne) dans le cadre de l’ACI « Espace et territoires » (2004-2005).

 

Le visuel du texte et la typographie 

(notamment dans la production littéraire contemporaine : ex chez William Gass, Mark Danielewski, William Vollman, etc). Cette problématique est au cœur de nos travaux depuis la création du Centre de recherche. Elle a donné lieu à plusieurs séances de travail notamment autour des avatars contemporains du calligramme. Cette réflexion s’est prolongée dans diverses publications individuelles et dans la réalisation du dossier « Traversée(s) de l’image » pour la revue électronique Transatlantica en 2006.

L’obscur : Le centre a exploré la richesse de cette problématique qui n’est pas un thème, mais porte sur la compréhension de la matière verbale ou picturale et sur la perception de l’effet. Qu’elles soient représentées dans une œuvre ou produites par divers procédés esthétiques et rhétoriques, les formes de l’obscurité nous invitent à faire retour sur nos pratiques critiques et théoriques et contribuent à l’énergie des objets esthétiques. On a examiné les échanges et constructions intersémiotiques, la distance entre vision et compréhension, etc.

La question a été abordée dans les arts visuels (peinture, photographie, cinéma) et dans la littérature (prose et poésie, d’Edward Young à Nick Flynn).

Dans le prolongement de la réflexion entamée lors du colloque de décembre 2006, nous avons entendu notamment des communications sur : “Les aspects de l’obscur dans le cinéma américain contemporain” (Monica Michlin, Paris IV), “Everything is Illuminated de Jonathan Safran Foer: le déni de l’obscur?” (Juliette Utard, Paris IV) , “L’Obscure clarté de l’instance narrative dans Varieties of Disturbance de Lydia Davis” (Françoise Palleau-Papin, Paris III)

Exposition/Surexposition 

parti d’une réflexion sur la photographie (où la surexposition signale l’excès et donne à voir l’artifice ou l’erreur technique autant, sinon plus, que l’objet représenté), ce travail en cours porte sur la monstration excessive, la parodie, ainsi que sur les rapports figure/fond dans les arts visuels (cf Pierre Schneider, François Jullien), les rapports entre le trop visible et l’invisible ou l’illisible, la duplicité de textes qui affichent une grande clarté de surface mais dissimulent leurs enjeux véritables (cf Lydia Davis, Raymond Carver) les modalités de l’apparaître en peinture (cf Savid Salle) et en poésie. Les domaines abordés ont été le cinéma, la photographie, la poésie, la fiction contemporaine (de Nabokov à Brian Evenson). Les dernières communications ont porté sur « Borderlight : Child Exposure in the Photography of Sally Mann and the Hyperrealist Poetry of Sharon Olds » (E. Martiny, U. de Provence), « Un flou pictural : référentialité et textualité dans un récit de John Berger » (Y. Abrioux, Paris 8), « Murder Will Out : Exposing the Subject of Postmodernity in the Jason Bourne Films» (Tom Byers, U. Louisville, Kentucky), « La surexposition du détail chez Brian Evenson » (A. Ullmo, Lille 3) ; « Nabokov’s Last Smile (à propos de The Original of Laura) » (L. Delage-Toriel, U. Strasbourg).

 

 

COLLOQUES INTERNATIONAUX

« Image et Mémoire » / « Picture and Memory », 25-26 novembre 2002 (resp. F. Sammarcelli) : avec notamment Charles Molesworth (CUNY), Mary Caponegro (écrivain, Bard College, NY)

 « Abstraction(s) », 25-27 novembre 2004 (resp. F. Sammarcelli) avec Pascal Rousseau (ENSAD), Tony Lopez (poète, U. of Plymouth), Mike Weaver (Linacre College, Oxford), Paul Braffort (OULIPO)

« L’Obscur/Obscurity », 7-8 décembre 2006, (resp. F. Sammarcelli et J-Y. Pellegrin) : 16 intervenants dont Max Milner (Paris 3), Liliane Louvel, Bill Blazek (Liverpool Hope University), l’écrivain et artiste Rikki Ducornet (artiste en résidence, Louisiana U.)

 

« Exposition/Surexposition » (« Exposure/Overexposure »), 5-6 décembre 2008, (resp. F. Sammarcelli et M. Michlin) 16 intervenants dont Steve Tomasula (écrivain, U. of Notre Dame, Indiana), Pawel Frelik (U. of Lublin)

 

 

PUBLICATIONS COLLECTIVES DU CENTRE 

- SAMMARCELLI, Françoise, dir. Dossier « Traversée(s) de l’image » (introduction + 4 articles), TransatlanticA 6, 2006.

- SAMMARCELLI, Françoise, dir. Image et Mémoire : littérature et arts des Etats-Unis (XXe-XXIe siècles), Paris, Presses Universitaires de Paris Sorbonne, 2009.

- SAMMARCELLI,  Françoise, dir. L’Obscur, Paris, Michel Houdiard, 2009.

En préparation :

SAMMARCELLI, Françoise, dir. Abstractions, PUPS.

SAMMARCELLI, Françoise & Monica Michlin, dir. Exposition/surexposition.

 

ANNONCES DES COLLOQUES

Colloque « L’Obscur / Obscurity »

Le Centre de Recherches en Littérature Américaine : Texte et Image organise un colloque international sur le thème « L’Obscur / Obscurity » à l’Université Paris IV les 7-8 décembre 2011.

« Que voit-on dans l’ombre ? que voit-on de l’ombre ? » Si la pensée occidentale est dominée par une équivalence entre lumière, vérité et beauté, Max Milner note dans l’Envers du visible une répugnance corrélative envers tout ce qui porte la marque de l’obscur. Pourtant la question de l’obscur n’a guère cessé de travailler notre imaginaire, suscitant la fascination pour l’envers des choses, pour ce qui est privé de lumière, comme, plus intellectuellement, pour ce qui est difficile à comprendre, à expliquer…

« Darkness visible » ou « palpable obscure » chez Milton, l’obscur est souvent lieu de tension, sinon de paradoxe. Aux plans thématique et formel, du « noir couleur du mal » aux forces du mystère et de l’irrationnel, l’obscur a la part belle dans l’évocation du sublime et dans l’investigation esthétique des profondeurs, et a contribué notamment au succès du roman gothique où l’obscurité est liée à l’emprisonnement et où l’angoisse envahit l’espace des récits. Dès la fin du XVIIIème siècle les principaux romans de l’américain Charles Brockden Brown sont plongés dans l’obscurité, celle-ci fonctionnant à la fois comme source et représentation des incertitudes des personnages. La tradition de la « romance » américaine s’ancre aussi dans l’obscur, tout comme le vertige des narrateurs de Poe. L’obscur fait signe, inscrit la résistance du texte et de l’image (cf par ex « The Minister’s Black Veil » de Hawthorne qui, par l’image du voile noir, à la fois obstacle et révélateur, met en abyme l’inexplicable et le désir de sens). Dans la fiction contemporaine le registre nocturne, le rapport au mal ou à l’impénétrable sont réinvestis avec des effets variés, obscurité que les écrivains afro-américains notamment dotent d’une densité particulière. Par ailleurs, s’il met en contact avec l’autre, l’obscur peut aussi mener à l’illumination (métaphysique ou non), voire à une épiphanie qui est aussi triomphe de l’esthétique (enchantement stylistique de l’obscurité chez Nabokov, visions au clair de lune chez Steven Millhauser…).

On s’intéressera à la façon dont, s’opposant à l’évident et à l’explicite, l’obscur appelle l’activité d’éclaircissement, de déchiffrement par la difficulté même qu’il lui oppose. Paradoxalement, si ne pas savoir aide parfois à comprendre, l’obscur peut ainsi être considéré comme un outil herméneutique, qu’il se manifeste dans le flou d’un contour, l’opacité apparente d’une métaphore, les circonvolutions d’une syntaxe (James) ou les troubles de la construction de la référence. Riche de son potentiel hermétique, la poésie pourrait constituer un des lieux privilégiés de l’obscur, constamment réactivé selon les enjeux formels (révélations intransitives du sublime chez Emily Dickinson, explorations de Charles Bernstein, etc.).

Du côté des arts visuels, la question de l’obscur est également complexe. On sait que Léonard de Vinci considérait l’ombre comme un principe actif qui assure la visibilité des objets. L’art du clair-obscur établit, pour sa part, un rapport dynamique entre la lumière et l’ombre, introduisant ainsi un risque d’instabilité au sein du visible. La chambre noire est justement l’enceinte fermée et percée d’une petite ouverture où l’image photographique des objets extérieurs se forme sur un écran. De la camera obscura aux « salles obscures », l’invention du cinéma impose aussi la conscience aiguë des rapports entre l’ombre et la lumière… Tension-redéfinition : les toiles noires de Pierre Soulages produisent d’étonnants effets de lumière, le noir présentant une surface très claire ou très sombre selon le point de vue du spectateur (tandis que l’apparente simplicité visuelle des cubes noirs de Tony Smith déroute et confond le regard). S’attarder sur l’obscur c’est aussi réfléchir à la présence d’une absence et donc s’interroger sur la difficulté à voir, à distinguer, qui stimule le regard, comme certains paysages nocturnes au bord de l’abstraction (dès Friedrich, et plus tard Whistler) ou comme les clichés sous-exposés issus de certaines expérimentations photographiques contemporaines (donnant ainsi à penser la perception dans sa dimension temporelle).

Ce sujet nous semble d’autant plus pertinent qu’il ne porte pas sur un thème, mais sur la compréhension de la matière verbale ou picturale, et sur la perception de l’effet.

Les communications pourront porter sur un ou plusieurs texte(s) et/ou image(s) dans le domaine anglo-saxon en général.

 

 

CALENDRIER DES RENCONTRES

A l'issue de notre réunion de novembre 2010, le thème de recherche retenu pour cette année est celui du flou et du tremblé qui, sous des angles divers, devrait pouvoir inspirer une réflexion sur des objets littéraires autant que sur les arts visuels. 


 

NOUVEAU PROGRAMME

L’obscur/Obscurity

 

Monica MICHLINet Jean-Yves PELLEGRIN (Paris IV)

Quelques amorces de réflexion sur le flou cinématographique et textuel

 

 

mardi 8 février 2011

18h

salle G363

(UFR d'anglais de Paris IV, en Sorbonne, Escalier G 2ème étage)

 

 

 

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